Un solde bancaire qu’on évite de regarder, des salaires à dix jours, des fournisseurs en file d’attente. Ce scénario n’a rien d’exceptionnel. Il décrit le quotidien d’entreprises en tension de cash. Et pourtant, la plupart du temps, le problème ne vient pas d’un manque d’argent, mais d’une mauvaise synchronisation entre les encaissements et les décaissements.
Prenons l’exemple de l’un de nos clients, une PME de distribution alimentaire tout juste sortie de procédure judiciaire. Sa croissance redémarrait, mais sa trésorerie touchait le fond. Pourtant, elle a retrouvé le contrôle grâce à une méthode terrain que nous allons vous dévoiler ici.
Reconnaître les signaux d'alerte
Avant d’agir, il faut mesurer. La métrique clé est le runway : le nombre de mois que votre entreprise peut tenir avec sa trésorerie actuelle, sans financement supplémentaire.
Runway (en mois) = Trésorerie disponible / Cash burn mensuel moyen
Exemple : avec 100 k€ de trésorerie et un cash burn mensuel de 20 k€, le runway est de 5 mois.
En théorie, le calcul est simple. En pratique, la fiabilité du runway peut être fragile si :
- Le cash burn réel diffère beaucoup de la moyenne, ce qui peut créer plusieurs mois d’écart entre le runway théorique et la réalité,
- Il repose sur des hypothèses statiques (coûts constants, BFR stable, pas de changement majeur). En croissance, ces hypothèses sont rarement vraies.
Voici le cadre que nous utilisons sur le terrain :
- Runway > 6 mois : Pilotage normal, optimisation des flux, pas de mesures exceptionnelles
- Runway entre 3 et 6 mois : Activation des leviers défensifs : renforcement des relances clients, négociation proactive des délais fournisseurs, gel des dépenses non critiques, préparation active d’un financement ou d’une transaction
- Runway < 3 mois : Changement de posture : arbitrage hebdomadaire (voire quotidien) des paiements, priorisation stricte (salaires, charges sociales, fournisseurs critiques…) et négociation d’échéanciers (URSSAF…)
Ces seuils permettent de structurer la prise de décision et de réagir avant que la trésorerie ne devienne critique.
Les 4 leviers qui font la différence
Remplacer les 15 fichiers Excel par une source unique
Des données consolidées et sans erreurs sont la base de toute décision de trésorerie. En pratique, les modèles Excel, saturés de saisies manuelles et de retraitements, produisent souvent l’effet inverse : des décisions biaisées et des tensions détectées trop tard.
Dans le cas étudié, l’oubli d’une seule facture fournisseur de 50 k€ a suffi à fausser l’intégralité du prévisionnel et à masquer une situation de trésorerie bien plus tendue que prévue.
En effet, des données fiables reposent sur quatre principes :
- Mise à jour automatique depuis les sources (banques, facturation, paie), sans saisie manuelle
- Détection automatique des écarts et incohérences entre les flux
- Hypothèses clairement identifiées et séparées des données réelles
- Traçabilité complète des données
C’est ce cadre méthodologique — et non la complexité des formules Excel — qui transforme des chiffres en informations actionnables.
Construire une projection de trésorerie révisable au fur et à mesure
Projeter les encaissements, les charges fixes et les charges variables est essentiel pour anticiper quand - et de combien - la trésorerie va se tendre. Dans le cas de la PME, le défi était de modéliser les achats de matières premières face à des commandes clients futures incertaines.
Notre solution : une hypothèse simple, révisée chaque semaine avec les équipes opérationnelles.
Nous avons retenu 50% de chaque commande client alloués aux achats de matières premières, basé sur le taux de consommation historique moyen.
Concrètement :
- Dès qu’une commande client ou prévision de ventes est enregistrée, le système provisionne automatiquement 50 % de son montant en dépenses d’approvisionnement.
- Chaque semaine, le directeur des opérations révise cette hypothèse en fonction :
- Des commandes confirmées et de leurs besoins précis en matières premières
- De l’état réel du stock
- De sa visibilité sur les livraisons fournisseurs
Cette boucle transforme la trésorerie en un dialogue continu entre la finance et les opérations, où les projections s'affinent progressivement sans bloquer du cash sur des hypothèses figées.
Négocier les échéanciers pour desserrer la contrainte de trésorerie
Dans les périodes tendues, chaque délai compte. La négociation avec les fournisseurs, les clients ou même l’URSSAF permet d’étaler les paiements, lisser les charges et sécuriser un peu d’oxygène.
Concrètement, voici ce qui se négocie en priorité:
- URSSAF : échéanciers sur 12 à 24 mois, à condition de démontrer un redressement crédible (commandes clients significatives à venir, financement en cours de négociation…)
- Fournisseurs stratégiques : reports de 15 à 30 jours sur les grosses factures
- Clients importants : demandes d’acompte ou de paiement accéléré sur facture
Pour notre client, la négociation d’un échéancier URSSAF, a permis d’étaler le paiement d’environ 60k€ sur 12 mois.
Règle d’or : La négociation n'est pas une fin, mais un moyen qui doit être utilisé pour redresser la situation. Sans perspective de retournement crédible, l'étalement ne fait que reporter l'échéance inévitable.
Arbitrer les paiements semaine par semaine selon la trésorerie disponible
Pour limiter l’effet du BFR, il est indispensable d’aligner les décaissements selon le rythme des encaissements, sans bloquer l’activité. Par exemple :
- « On paye que les salaires cette semaine, le temps que la facture N°125 soit encaissée »
- « On reporte l’achat de la nouvelle machine. Pour l'instant, on privilégie la sous-traitance »
L’objectif ? La circulation optimale du cash, pas le gel de l’activité;
Résultat : de la survie à la croissance maîtrisée

Grâce à cette méthode, la PME a pu prioriser l’usage du cash et anticiper les tensions. Résultat :
- Tenir plus de 24 mois sans financement majeur
- BFR stabilisé malgré une croissance de l’activité de 24% entre S1 23 et S1 25
- 30k€ dégagés pour le lancement d’une nouvelle gamme
Et si cette PME avait continué à piloter avec un Excel bourré d’erreurs ?

Elle serait restée dans un pilotage réactif et artisanal, sans visibilité fiable, à subir les décaissements plutôt que les maîtriser.
- À J+60 : Sans projection fiable, le dirigeant aurait poursuivi le recrutement prévu et commandé la nouvelle machine, immobilisant 25 K€ de cash disponible.
- À J+75 : La nouvelle gamme aurait été lancé, épuisant les derniers fonds. Le BFR supplémentaire (estimé à 30 K€) n’aurait pas été anticipé.
- À J+90 : L’entreprise se serait retrouvée en cessation des paiements, obligeant soit un financement d’urgence à conditions désastreuses, soit l’arrêt pur et simple de l’activité.
Le système n’a pas juste "amélioré" la situation. Il a évité l’échec certain.
Concrètement, si vous souhaitez reprendre le contrôle de votre trésorerie, deux options s’offrent à vous :
- Option 1 : Recruter un contrôleur de gestion : Comptez entre 40 K€ à 50 K€ par an pour le salaire + plusieurs mois avant que la personne comprenne vos flux, vos urgences et votre modèle. Pendant ce temps, votre trésorerie continue de se tendre. Si son expertise ne colle pas à votre réalité startup, le risque est grand et le délai critique.
- Option 2 : Pilotez vous-même votre trésorerie avec Warcash : À partir de 149 €/mois et un investissement de quelques jours au démarrage, puis 1 à 2 heures par semaine pour vos arbitrages, vous bénéficiez d’une méthodologie déjà rodée sur des situations comme la vôtre et d’un outil adapté. Vous utilisez votre connaissance du business et votre maîtrise du plan pour gérer votre trésorerie au mieux : sans délai et sans dépendance.
Reprendre le contrôle de sa trésorerie n’est pas une question d’intuition, mais de méthode.
Cette méthode — piloter par rythme plutôt que par solde, avec des scénarios différents et des seuils de décision clairs — est avant tout une logique opérationnelle. Une logique qui, pour être appliquée rigoureusement, exige un système conçu pour elle.
C’est précisément pour formaliser cette méthode que nous avons conçu « Warcash » : non pas comme “un outil de trésorerie de plus”, mais comme un système qui encode cette logique, automatise les données et structure la prise de décision dans les périodes où chaque jour compte.
Vous rencontrez la même situation ? Contactez-nous pour une démo personnalisée et découvrez comment « Warcash » peut vous aider à reprendre le contrôle de votre trésorerie.









